Meilleurs endroits pour les birdwatchers

Nature

En observant les oiseaux, nous découvrons le monde, nous devenons meilleurs et plus respectueux de la nature.

Saviez-vous que le personnage de James Bond a été en partie inspiré d’un ornithologue de Philadelphie, un expert des oiseaux des Caraïbes ? À l’époque où il vivait encore au Jamaïque, Ian Flemming s’intéressait au BirdWatching et connaissait bien les travaux scientifiques de James Bond, qui a plus tard donné son nom au personnage principal de " Casino Royal ". D’autres personnages historiques tels que les présidents américains Franklin Roosevelt et Jimmy Carter étaient également des passionnés de l’observation des oiseaux.

En Europe et en Asie, le nombre des observateurs des oiseaux est impressionnant, plus de quatre-vingt millions de personnes. En ce qui concerne le Kazakhstan, c’est un hobby qui est assez nouveau, on peut compter une centaine d’amateurs de ces animaux à plumes. Néanmoins, le BirdWatching kazakh a un bel avenir. Avec un territoire aussi immense, avec des paysages très variés, et, par conséquent, avec une variété immense d’espèces d’oiseaux (plus de cinq cents), il y aura toujours de quoi voir pour les birdwatchers* locaux et étrangers.

En plus d’être un régal pour les yeux et une source pour de nouvelles émotions, les birdwatchers peuvent agrandir leur Life List, également appelée liste de la vie, liste qui répertorie les espèces d’oiseaux vues et identifiées pour la première fois dans leur habitat naturel. On les appelle ces birdwatchers les lifers.

Où peut-on voir « tout et d’un seul coup » ?

Le Costa Rica est réputé comme étant le pays le plus riche au monde en nombre d’espèces d’oiseaux, plus de huit cent différentes espèces à plumes y habitent ! Dans le monde, il en existe à peu près 10,5 mille. Au Kazakhstan, le nombre est également important. Selon la classification des oiseaux de champs sous la rédaction de l’ornithologue Anatoliy Fedorovich Kovshar, ils seraient cinq cents au Kazakhstan.

Le plus grand nombre d’oiseaux et de type d’oiseaux peuvent être vus, et ce en un temps record, dans la région d’Almaty. Entre mai et juin, nous pouvons rencontrer dans cette région du sud du Kazakhstan plus de 260 espèces. Nous conseillons de commencer votre voyage par ce grand « classique ».

C’est ici, où contrastent et voisinent les steppes kazakhes et les plus hautes montagnes de l’Asie Centrale, le Tian Shan, que vous pouvez, en cinq jours seulement, enrichir d’une manière importante votre répertoire des différentes espèces d’oiseaux, y compris les plus rares. Dans ces montagnes, nous pouvons nommer le bec-d’ibis tibétain (ibidorhyncha struthersii) et le leptopoecile de la reine Sophie (leptopoecile sophiae) comme étant considérés comme des trophées les plus désirés parmi les birdwatchers étrangers. Le rossignol à gorge rubis (calliope pectoralis), le tétraogalle de l’Himalaya (tetraogallus himalayensis) et le gypaète barbu (gypaetus barbatus) sont également très intéressants.

Les observateurs débutants kazakhs apprécieront aussi un autre habitant des montagnes, la perdrix choukar (alectoris chukar) ou également appelé la perdrix des roches. Quatre sous-espèces, des 18 existantes, habitent dans notre pays, dans la région d’Almaty, il s’agit des sous-espèces d’alectoris chuka falki et d’alectoris chuka dzungarica. Les perdrix sont très facilement repérables, vue qu’elles sont assez grandes, se font entendre facilement et habitent en colonies. Il est particulièrement intéressant de les observer en période de leur nidification. D’habitude, les perdrix de montagnes ont des portées de 10-15 oiselets, qui se comportent de manière bien amusante. Les birdwatchers débutants seront ravis par de telles observations.

Le désert est riche en animaux des plus curieux. Les gangas cata (pterocles alchata) et unibande (pterocles orientalis), le syrrhapte paradoxal (syrrhaptes paradoxus), et le roselin de Mongolie (bucanetes mongolicus) sont à cette image. Les guides-conducteurs expérimentés, qui connaissent à la lettre l’emplacement des petits lacs et des sources souterraines dans le désert, ne manqueront pas de vous ramener vers les points d’eau où se ravitaillent plusieurs espèces d’oiseaux, y compris les plus rares. Si la météo sera clémente, vous pouvez vous en réjouir car la pluie pourra vous obliger d’attendre votre prochain voyage pour admirer ces vues.

Les voyageurs étrangers seront particulièrement intéressés par les espèces et sous-espèces qui vivent uniquement dans ces territoires, parmi celles-ci on compte : le podoce de Pander (podoces panderi), le pluvier caspien/asiatique (charadrius asiaticus), l’outarde de Macqueen (chlamydotis macqueenii), le pigeon d’Eversmann (columba eversmanni), le moineau des Saxaouls (passer ammodendri), et le pic à ailes blanches (dendrocopos leucopterus).

Nous aimerions conseiller aux débutants de visiter le système de Sorbulakskaya qui réunit plusieurs lacs et d’autres réservoirs d’eau légèrement éloignés de la ville d’Almaty, car c’est justement dans ces endroits que vous pourrez admirer plusieurs dizaines d’espèces d’oiseaux à la fois. Ce qui, sans aucun doute, consolidera votre passion et sera un coup de pouce supplémentaire pour vos futures quêtes.

Même s’ils sont largement répandus, les rencontres avec les pélicans et les cygnes laissent un souvenir impérissable. Il existe deux espèces de pélicans au Kazakhstan : le pélican blanc (pelecanus onocrotalus) et le pélican frisé (pelecanus crispus). Quant aux cygnes, trois espèces sont répandues : le cygne chanteur ou sauvage (cygnus cygnus), le cygne tuberculé (cygnus olor) et le cygne de Bewick (cygnus bewickii).

En période de migration en automne, on peut admirer les grandes colonies de grues cendrées et de grues demoiselles près d’Almaty. J’ai eu la chance un jour, à seulement 20 km de la ville, d’observer une colonie mixte de cinq mille grues environ. Cachées par un mur de roseaux, nous les avons repérées après les avoir entendu. De près, ces nobles et gracieux oiseaux sont beaucoup plus impressionnants !

Les oiseaux tropicaux au Kazakhstan du Sud

À 700 km d’Almaty, dans les montagnes du petit Karataou, se niche le tchitrec de paradis, qui nous est directement venu de l’Inde. Ce petit oiseau tropical de la famille des monarques (monarchidae) a obtenu son nom grâce à son plumage vif. Il n’est pas facile de le repérer dans la verdure parmi les branches, mais il est assez facile de l’identifier avec : sa tête, son menton et sa gorge noirs avec une brillante bleue intense ; son dos, ses ailes et sa queue bruns-roux ; sa poitrine et son ventre grisâtres ou blancs ; son bec fort et les cercles autour de ses yeux sombres bleuâtres, voire bleues ciel. L’iranie à gorge blanche (irania gutturalis), un autre habitant d’ici, n’est pas moins beau. Il est d’autant plus formidable lorsqu’il réalise des survols autour de son nid en vocalisant un chant sonore.

Ici, se nidifient l’hypolaïs d’Upcher (hippolais languida) et le bruant de Stewart (emberiza stewarti). En plus du tchitrec de paradis dont l’extérieur est très exotique, ces petits oiseaux intéresseront davantage les experts.

Pas loin des montagnes de Karartaou, dans les montagnes de l’Alataou Talasse, se trouve la plus vieille réserve naturelle du Kazakhstan et de l’Asie centrale, « Aksou-Jabagly » (créée en 1926).

Ces monts sont couverts de forêts clairsemés de genévriers élevés, raison pour laquelle de nombreux oiseaux, qu’on ne retrouve pas dans le nord du Tian-Shan, habitent ici. L’un des plus intéressants est l’oiseau sédentaire rare, la mésange à nuque rousse (periparus rufonuchalis).

La mouette relique,symbole de la réserve naturelle de Alakol

À l’est du pays où se situe le lac Alakol et où cohabitent une multitude d’oiseaux aquatiques, se trouve une espèce rare, la mouette relique (larus relictus). Au printemps, elle apparaît en fin de mars – début avril en petits groupes. Elles nidifient en colonies, souvent accompagnée de mouettes rieuses, de sternes hansels et de sternes caspiennes.

Il n’est pas étonnant que c’est justement ici, sur les bords du lac, depuis maintenant plusieurs années d’affilées et ce à chaque début de mois de mai, que se déroule le premier et unique festival des birdwatchers intitulé « les ailes d’Alakol ». Le festival réunit sous son aile les amateurs des oiseaux de tout le Kazakhstan et même de l’étranger. Les organisateurs fournissent à tous les participants les équipements nécessaires pour l’observation des oiseaux, ainsi que le transport pour les déplacements dans la région. En fin de journée, les experts ornithologues partagent leurs connaissances avec les débutants.

À propos, il n’est pas nécessaire d’entrer sur le territoire de la réserve naturelle pour voir la mouette relique. Elles se déplacent souvent en paires tout le long de la côte où il est facile de les contempler et de les photographier.

Le flamant rose, enfant du coucher de soleil

Au cœur du pays sur le territoire de la réserve naturelle de Korgalyginski, non loin de la capitale Astana, habite la colonie des flamants roses du nord de l’Eurasie (phoenicopterus roseus). Leur population atteint les 60 mille durant une saison et le meilleur moment pour les observer en automne est durant la période de migration lorsqu’ils se regroupent avant leur départ pour l’hiver vers l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan.

Il est important aussi de mentionner (et de surtout voir !) l’oiseau de passage rare, le vanneau sociable (chettusia gregaria), ainsi que l’alouette nègre (melanocorypha yeltoniensis) et leucoptère à ailes blanches (melanocorypha leucoptera).

L’eldorado des bécasses

Les montagnes de l’Altaï occidental dans la région du Kazakhstan-Oriental sont intéressantes pour les birdwatchers étrangers avant tout grâce à la présence de la bécassine solitaire (gallinago solitaria), bécassine à queue pointue (gallinago stenura) et de la bécassine de Swinhoe (gallinago megala). Pour les kazakhs, cette région est populaire grâce aux espèces sibériennes, absentes dans les autres régions du pays : la gélinotte des bois (tetrastes bonasia), le mésangeai imitateur (perisoreus infaustus), le bouvreuil gris (pyrrhula cineracea), le rossignol calliope (luscinia calliope), et d’autres.

Le hobby de BirdWatching est, sans aucun doute, très utile, tant pour l’âme que pour le corps. En observant les oiseaux, nous découvrons le monde, nous devenons meilleurs et plus respectueux de la nature. De plus, notre résistance physique s’améliore, car, afin d’atteindre les endroits où se trouvent les oiseaux les plus intéressants, il faut fournir des efforts physiques considérables : grimper des montagnes, traverser des forêts, en accumulant ainsi plus d’un kilomètre à pied. Les plus aventureux feront recourt à ce genre d’efforts. Néanmoins, les débutants peuvent commencer par observer les oiseaux depuis la cour de leur maison, vous serez très surpris du monde parallèle dans lequel vivent les oiseaux qui nous entourent !