Canyon Aksou

Canyon Aksou

Nature

Les amateurs de la nature ne seront pas déçus par " Aksou-Djabagly ".

Afin de visiter la vallée du canyon d’Aksou, vous allez devoir faire quelques efforts. Tout d’abord, vous allez devoir demander une autorisation et prouver à l’administration, qui protège le parc naturel Aksou-Jabagly, que vous y venez seulement en qualité de touriste. Deuxièmement, descendre une forte pente d’un kilomètre et demi relèvera d’un vrai défi. Néanmoins, croyez-nous, cela en vaut la chandelle !

La plus vieille réserve naturelle du Kazakhstan

La réserve naturelle Aksou-Jabagly est magnifique et ce dans plusieurs sens. C’est la première d’une dizaine de réserves naturelles publiques apparues dans la République. Le 14 juillet 1926, le conseil des commissaires du peuple de la République autonome socialiste soviétique kazakhe (à l’époque le Kazakhstan représentait une autonomie faisant partie de l’URSS) a rendu l’arrêté d’approbation. À l’époque, c’était le seul parc naturel dans toute l’Asie centrale !

Ici, entre les sommets d’Alataou de Talas et l’Ougam, on peut encore voir une faune et flore encore plus rare que celle de la région du Tian Shan.

Les enclaves paléontologiques de Karataw du parc naturel protègent ce qui n’existe presque plus sur notre Terre. Là-bas, dans les fines couches de schistes se sont merveilleusement bien conservées les marques de la petite faune qui existait encore au temps des dinosaures !

Canyon Aksou

Le fleuve Aksou est l’un des deux fleuves autour desquels a été formé le territoire du parc actuel. Le Canyon Aksou est l’un des symboles de cette réserve naturelle, et du Kazakhstan. C’en est pas un hasard ! La particularité de ce canyon est expliquée par Anatoly Kovchar, maître zoologiste kazakh, qui y travaille depuis plusieurs années :

" Le fleuve le plus puissant du parc naturel Aksou coule dans une gorge étroite, sinueuse et pittoresque. La beauté de la vallée est originale avec le confluent Aksou et Kchi-Aksou. Ici, se présente un canyon étendu sur 30 kilomètres et d’une profondeur de 500 mètres avec des murs abrupts. La largeur entre les murs qui accueillent le fleuve varient est entre 700 et 800 mètres. "

L’un des premiers à avoir étudié le canyon fut le géographe Semen Nestruev (1874 – 1928) qui l’a visité lors de son expédition du Turkestan en 1908. Voici comment il a décrit ses impressions suite à sa visite de ce site unique :

« Les eaux d’Aksou, farouches, blanches, colorées par le sable de marbre, se précipitent avec bruit jusqu’au fond du ravin, et personne n’ose les traverser à gué […] Les murs du canyon, surtout aux endroits où ils sont les plus raides, souvent bien polis par les eaux, forment des colonnes, et à ses pieds se trouvent des niches et des fosses circulaires creusées par les eaux ».

Le grand arbre du Turkestan

Ce qui impressionne d’autant plus que le canyon en lui-même, ce sont les arbres qui poussent sur les pentes raides. Ici pousse le genièvre relique qui nous a été hérité des époques géologiques antérieures.

En Asie centrale, sous le nom de archa nous sont connus depuis l’antiquité les espèces arborescentes du genièvre. L’arbre est symbolique de l’histoire et de la culture locale. Dans une région où les forêts se font rare, le genièvre était utilisé depuis l’antiquité comme matériel de qualité pour la construction et le bricolage.

Cet arbre était utilisé, coupé et façonné pour une multitude de choses : les portes ajourées, d’une beauté et ténuité parfaites, du palais de Kokand et de Samarkand (rappelez-vous des « portes de Tamerlan ») ; les colonnes, gracieuses et de plusieurs facettes, des mosquées de Khiva et de Boukhara ; les grilles pandjara

Les professionnels du Turkestan ne coupaient pas mal de choses de ce bois précieux ! Les portes ajourées, dont la beauté et la ténuité sont parfaites, des palais de Kokand et de Samarkand (pensez aux « Portes de Tamerlan » de Véréchtchaguine), les colonnes des mosquées de Khiva et de Boukhara, gracieuses et aux plusieurs faces (uniques!), les grilles-pandjara sur les fenêtres des maisons riches, les coffres surs étant « coffres forts de steppe » des nomades. Et encore, les petits articles de consommation courante : les crêtes parfumées raffinées, par lesquelles les belles aux yeux de gazelles dans les harems peignaient leurs cheveux longs, les supports ascétiques raffinés où les moulas les plus pieux posaient le Coran précieux lors de la lecture, le panneau avec des scènes coupées de vie des divinités inconnues…

Dans des pays situés parmi les déserts le bois valait plus que l’eau, et le genièvre amélioré par peintre était égal à l’or ! Ce n’est pas par hasard que les objets de genièvres vivaient plus que leurs maîtres, leurs maisons en argile et leurs villes imprenables. Les armées des vainqueurs apportaient des ruines récentes, parmi d’autres trophées, les portes, et les colonnes de genièvre.

Du point de vue de leur valeur culturelle et historique, on peut comparer les plantes alpines de genièvre de Tan-Chan occidental avec les bois connus du cèdre libanais étant un arbre qui a laissé une empreinte importante dans la protohistoire de Mésopotamie, de Bassin méditerranéen oriental, d’Egypte. Les bois de cèdres du Liban, où travaillait les premier héro historique de la Terre, « l’uruk » Gilgamesh, sont devenus depuis longtemps un avoir des légendes. Les plantes de genièvre de Talasse Alataou sont conservées jusqu’à nos jours. Les voilà, elles se hérissent par les aiguilles des arbres sur les crêtes et les gorges des montagnes locales.

Toucher le contemporain de TchinguisKhan !

Si on se pose la question « quelle espèce des arbres poussant à Kazakhstan est-elle la plus résistante ? », la genièvre apparemment n’a pas de concurrents. Ainsi, les auteurs d’un bouquin sorti en 1981 « Plantes rares et précieuses de Kazakhstan » affirment que certains exemplaires du genièvre peuvent vivre jusqu’à l’âge de 1500 ans. Anna Ivachtchenko, un des spécialistes-botanistes les plus expérimentés, (ayant d’ailleurs travaillé à « Aksou-Djabagly ») propose dans l’encyclopédie moderne « Monde végétal de Kazakhstan » les chiffres plus modestes (800 à 1000 ans), vous devez être d’accord que c’est aussi magnifique !

Théoriquement, encore deux arbres du pays - mélèze de Sibérie et chêne - peuvent faire concurrence au genièvre ; les auréoles fragmentaires marginales de ces patriarches ne leur offrent pas de positions fondamentales pareilles sur notre territoire. Mais le genièvre est hors concurrence.

Le recordman réel, patriarche le plus vieux des vieux, on ne connaît pas son nom. On peut uniquement déterminer, de manière certaine, les limites de la recherche : les bois alpins de haute futaie du genièvre demi-globulaire et du genièvre de Zeravchan au Kazakhstan du Sud. Et plus précisément ici, à Talasse Alataou, dans le périmètre des gorges et canyons les plus impénétrables du fleuve Aksou.

Plusieurs exemplaires du genièvre dans le parc naturel semblent avoir « 1000 ans ». C’est pourquoi chaque approche à ce patriarche est a priori une adhésion à un certain secret. Il n’est pas pour nous très important si un arbre a un mémoire ou n’en a pas. L’essentiel c’est que nous avons le mémoire. Et nous connaissons que l’arbre a vu ce qui se passait autour !

Les amateurs de la nature ne seront pas déçus par« Aksou-Djabagly ».

Même si nous ne pensons pas à l’éternité, les promenades dans les bois de genièvre ont toujours des conséquences. On dirait que les patriarches costaux semblent dégager une charge positive tangible. L’air ambiant est rempli par l’énergie vivifiante et par l’aura saine des macrobites. On peut, si l’on veut, toucher par la main leurs branches dures et leurs aiguilles quand même douces.

… Le parc naturel d’Aksou-Djabagly, malgré son âge de plus de 90 ans, n’est pas perdu parmi les centaines et milliers de réserves naturelles de la Terre, pratiquant une affaire noble de la protection des restes de nature sauvage contre son engendrement culturel. Malgré son statut strict, l’entrée au parc naturel n’est pas fermée en entier - tout volontaire peut profiter des paysages vierges de Tan-Chan occidental, prenant (naturellement, après conciliation et paiement) un des chemins touristiques dans une partie de réserve ouverte au public. Les amateurs de la nature sauvage des pays bien lointains viennent ici pour ces promenades.

Ces amateurs ne sont pas déçus lors du retour !